Un milieu de journée
La semaine dernière
Au fond de mon grenier
Parmi la poussière
J’ai trouvé un cahier
Venu de naguère
Aux pages griffonnées
Par feu mon grand-père
Je me suis rappelé
Longtemps en arrière
L’étrange activité
Sa passion première
Pépé écrivait des chansons
Qu’il jouait dans les grandes occasions
Ou le dimanche à la maison
Avec son vieil accordéon
Souvent à la fin des repas
En chœur, on faisait tralala
Que c’était bien, que c’était bon
Quand Pépé chantait ses chansons
Il y avait un fatras
Dans son répertoire
Des javas, des polkas
Et de drôles d’histoires
Des morceaux d’opéras
Des chansons à boire
Mais surtout de la joie
Gravée dans nos mémoires
Et dans la parenté
Les garçons, les filles
Au fond d’eux ont gardé
Ces airs de famille
Il rimait et livrait
Son âme et son cœur
Il disait, racontait
Ses petits bonheurs
l était plus discret
Sur ses peines, ses douleurs
Et savait que jamais
Il ne serait chanteur
Car, pour lui, si du vent
Posé sur un poème
Ça ne restait que du vent
Il s’essoufflait quand même